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Congrès de la Mutualité : Sarkozy veut « traiter » rapidement le sujet des dépassements

ouverture_du_congres_2009_article_bloc_full PDS, démographie, évaluation, régulation des dépassements… : au congrès de la Mutualité française, Nicolas Sarkozy a invité ce jeudi les médecins libéraux à prendre leurs responsabilités car ils ont, « d’une certaine manière, un rôle de service public » .

Ouvrant le congrès de la Mutualité française, à Bordeaux, Nicolas Sarkozy a prononcé ce jeudi un discours « santé » d’une vingtaine de minutes dans lequel il a notamment appelé les médecins libéraux à assumer leurs responsabilités. « La condition de la qualité et de l’efficience, a martelé le chef de l’État, ce sont des professionnels bien formés, entretenant leur savoir et leur pratique tout au long de leur vie, harmonieusement répartis sur le territoire et coopérant entre eux. Est-ce que ça se fait ? Chacun comprend… »

Sur la démographie, le président de la République a volé au secours de Roselyne Bachelot, justifiant, à côté des mesures incitatives (bourses de service public) et d’organisation (maisons de santé), le principe du fameux contrat santé solidarité dont l’objectif sera, en cas de besoin, de pousser les médecins des zones excédentaires à prêter main-forte à leurs confrères des zones sous-médicalisées. « Je suis très attaché à la médecine libérale mais il me semble normal de dire que les médecins libéraux ont, d’une certaine manière, un rôle de service public », a-t-il affirmé.

Même discours de fermeté sur la permanence des soins. Elle « ne peut pas reposer sur les seules urgences de l’hôpital », a-t-il lancé laissant entendre par ces propos un certain désengagement de la médecine de ville. « Il doit y avoir une réponse médicale libérale, téléphonique ou physique, à l’urgence non vitale en tout point du territoire, sinon la fréquentation des urgences continuera sa hausse effrénée », a-t-il plaidé.

Le chef de l’État s’est ensuite livré à un plaidoyer (habituel chez lui) pour la culture de l’évaluation. « Évaluer les prescriptions, les établissements de santé, la satisfaction des patients, évaluer l’efficience des actes, des stratégies thérapeutiques est une nécessité », a-t-il énuméré, appelant aussi à la diffusion des protocoles et confirmant au passage que les premières livraisons du dossier médical personnel (DMP) auront lieu « en 2010 »

Mais c’est surtout sur la question de la régulation des dépassements d’honoraires que les délégués mutualistes attendaient le chef de l’État. Ils n’ont pas été déçus, réservant à Nicolas Sarkozy des applaudissements sur ce chapitre. Tout en limitant ce sujet aux dépassements « des chirurgiens, des anesthésistes et des gynécologues-obstétriciens », il a à nouveau exhorté les partenaires conventionnels à trouver une solution rapide via un secteur optionnel « attractif » qui « doit permettre un meilleur encadrement des tarifs que le secteur II, assorti d’objectifs de qualité ». Mais constatant que les négociations n’ont pas pu aboutir à ce jour, il a agité la menace d’une intervention rapide du législateur. « Je demande au gouvernement de s’y préparer », a-t-il mis en garde. « Les dépassements d’honoraires dans les cliniques incitent certains de nos concitoyens à renoncer aux soins, ce n’est pas acceptable (…) Cela fait des années que le sujet des dépassements d’honoraires est sur la table. Il est temps de le traiter dans les toutes prochaines semaines. »

Plusieurs gages politiques importants ont été donnés à la Mutualité. Elle sera représentée au sein du conseil de surveillance des Agences régionales de santé (ARS), ce qui n’était pas gagné. Sur la prise en charge des maladies chroniques, à laquelle la Mutualité ambitionne désormais de participer via une délégation de paiement (et un paiement forfaitaire des médecins), Nicolas Sarkozy accepte que des « expérimentations » soient lancées pour améliorer la qualité et l’efficience de la prise en charge de ces pathologies lourdes. « Nous en évaluerons les résultats avant, peut-être, de généraliser ces nouveaux modes d’intervention des organismes complémentaires », a-t-il précisé.

Au-delà, il souhaite que soient confiées « de nouvelles responsabilités » aux complémentaires car « les régimes de base ne pourront pas tout financer » et il « faudra faire des choix ». Une façon de préparer les esprits (sans préciser de calendrier…) au grand débat sur ce qui doit relever de la solidarité nationale et de la responsabilité individuelle.

CYRILLE DUPUIS (Quotidien du Médecin)

Lire larticle de Philippe Rémond et Ghislaine Trabacchi sur mutualite.fr

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