La première thérapie ciblée arrive en France
L’incidence du cancer du rein augmente significativement dans les pays industrialisés. En France, on recense plus de 8 000 nouveaux cas par an. Seule la chirurgie participe à une thérapie curative dans les cas précoces. La chimiothérapie est inefficace et l’immunothérapie est le traitement de référence, mais avec des bénéfices limités. Une nouvelle thérapie ciblée représente un formidable espoir dans le carcinome rénal, y compris pour les formes métastasiques. Elle sera disponible en officine de ville et à l’hôpital début 2007.
LE CARCINOME rénal est habituellement à son début une tumeur unilatérale, solitaire. Dans la majorité des cas (80 %), la maladie est découverte de manière fortuite à l’occasion d’une échographie ou d’un scanner ; lors du diagnostic, 50 % des malades sont à un stade avancé ou métastatique. Lorsqu’elles sont détectées, les tumeurs sont volumineuses et très vascularisées. Globalement, la maladie évolue en trois stades : 30 % des cas restent localisés au rein, 30 % présentent des métastases locorégionales et 40 % vont évoluer à distance. C’est un cancer grave, responsable de 3 500 décès annuels en France.
Les signes cliniques qui doivent alerter sont une hématurie, des douleurs abdominales et une masse lombaire palpable. La tomodensitométrie (scanner) est la méthode de référence pour établir le diagnostic et la prise en charge est pluridisciplinaire.
Pour les tumeurs localisées, la néphrectomie est le seul traitement efficace. Dans les formes métastasées, le cancer du rein est résistant aux chimiothérapies conventionnelles. Jusqu’en 2005, seuls des traitements biologiques, interféron alpha et interleukine 2, étaient disponibles, mais avec des résultats peu durables et une toxicité sévère. Les thérapies ciblées sont les approches thérapeutiques les plus prometteuses actuellement.
Dans le développement des tumeurs cancéreuses, deux phénomènes simultanés se produisent : la stimulation des facteurs de croissance, au niveau des récepteurs des cellules tumorales, et l’angiogenèse, ou néovascularisation, au niveau des vaisseaux tumoraux qui alimentent les cellules tumorales. Cela aboutit à la croissance rapide et non contrôlée des cellules cancéreuses et au développement de la structure de soutien des vaisseaux sanguins qui permet aux cellules de proliférer, à la tumeur de grossir, puis d’essaimer à distance sous forme de métastases.
Une double action antitumorale. Les thérapies ciblées sont des traitements qui agissent spécifiquement sur les cellules cancéreuses. Parmi les quatre approches distinctes de thérapies ciblées, les équipes de recherche de Bayer oncologie, se concentrent, depuis plusieurs années, sur les inhibiteurs de kinases, petites molécules capables de franchir la membrane cellulaire en ciblant les seules cellules cancéreuses. Elles parviennent à stopper leur prolifération et leur malignité en inhibant l’activité des enzymes qui stimulent les cancers.
Bayer Health Pharma lance Nexavar (sorafénib) en France, premier produit de thérapie ciblée destiné à traiter le carcinome rénal avancé.
Il s’agit d’un inhibiteur multikinase par voie orale, qui a une double action anti-proliférative et anti-angiogénique. Il cible à la fois la cellule tumorale et la vascularisation tumorale. Il inhibe la croissance et la survie des cellules malignes en bloquant la transmission des signaux de croissance et il bloque l’irrigation sanguine qui nourrit la tumeur primitive et ses métastases. Les résultats d’une large étude internationale de phase III, multicentrique randomisée, versus placebo, (Targets), incluant plus de 900 patients, ont démontré que Nexavar double la survie sans progression (24 semaines versus 12 semaines sous placebo), quel que soit le profil de patients. Il stoppe la progression de la maladie pour plus de 8 patients sur 10, et l’impact du traitement est positif sur les symptômes individuels avec une amélioration de la qualité de vie. Les résultats sur la survie globale sont favorables, mais ils ne sont pas encore définitifs et satistiquement significatifs.
Le profil de tolérance est bon. Les effets secondaires de grade 1 ou 2 sont modérés, gérables et réversibles. Nexavar a obtenu une AMM dans le traitement du carcinome rénal avancé, après échec d’un traitement préalable à base d’interféron alpha ou d’interleukine 2, ou chez des patients pour lesquels ces traitements sont inadaptés. «Le lancement de cette molécule codéveloppée par Bayer et Onyx Pharmaceuticals nous encourage à poursuivre nos efforts de recherche en oncologie où nous disposons déjà d’un portefeuille de produits à différents stades de développement, déclare Werner de Prins, prési- dent de la division Bayer Pharma France. En 2006, des études cliniques de phase III de thérapies ciblées sont déjà en cours dans la prise en charge du mélanome malin, du carcinome hépatocellulaire et du cancer du poumon.» Le produit sera disponible dans le double circuit officine de ville et hôpital dès le début de l’année 2007.
> CHRISTINE NICOLET
D’après une conférence de presse des Laboratoires Bayer HealthCare Pharma.
Le Quotidien du Pharmacien du : 23/11/2006

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