gazetteL’afflux depuis plusieurs années de Français handicapés ou dépendants en Belgique s’explique par le manque de places en France, mais aussi par un accueil plus individualisé et « chaleureux », surtout pour les polyhandicapés et autistes, selon un rapport rendu public le 13 février 2009.
Quelque 1.600 personnes âgées seraient hébergées en Wallonie et 6.500 personnes handicapés, dont près de 3.000 enfants accueillis dans l’enseignement spécialisé belge, rappelle la députée du Nord Cécile Gallez, qui a remis son rapport le 13 février à Lille à la secrétaire d’Etat à la Solidarité Valérie Létard.
Le manque de places en France, notamment pour les personnes atteintes de polyhandicap et d’autisme, pousse les familles, et pas seulement celles des régions frontalières, à se tourner vers la Belgique.

En France, les places en établissement pour personnes âgées n’ont augmenté que de 1% par an de 1996 à 2005, alors que le pourcentage de personnes âgées de plus de 75 ans croît de 3% chaque année, rappelle la députée, notant cependant une amélioration de l’effort public ces dernières années.
La capacité d’accueil des personnes âgées en France, dit-elle, est de 8,4 lits pour 1.000 habitants, contre 13 à 14 lits en Wallonie.
Dans le Nord seul, 800 adultes polyhandicapés sont en attente de solution.

La députée dénonce notamment le « scandale » en France des personnes qui souffrent de troubles du comportement et d’autisme, hospitalisées en psychiatrie alors qu’elles devraient être en structure médico-sociale. Leur nombre s’élève, selon le rapport, à 250 dans le Nord, soit 17% de la population hospitalisée en psychiatrie. A l’échelle nationale, ce pourcentage pourrait être de l’ordre de 30%.
Cependant, « même s’il y avait un nombre de places suffisant, certaines familles préféreraient continuer à traverser la France pour trouver un établissement répondant à leurs attentes », affirme Cécile Gallez.
Les structures belges accueillant des personnes âgées sont plus petites (moyenne de 46 lits contre 60 en France), avec un aspect « plus convivial et plus chaleureux ».

Pour les handicapés, c’est une « plus grande souplesse des établissements, la forte implication des familles, l’accompagnement très pragmatique, le personnel d’encadrement plus polyvalent », « un savoir-faire belge » qui attire les Français.

Les personnes handicapés, notamment les enfants, ne viennent que pour moitié du Nord, l’Ile-de-France étant la deuxième région concernée.
A l’Arboretum, par exemple, établissement conçu pour l’accueil d’adultes autistes lourds, on compte 45 postes d’encadrement, dont 25 éducateurs pour 30 adultes de 20 à 42 ans, tous Français, « un taux idéal ».
Cécile Gallez insiste sur les difficultés rencontrées par les parents d’enfants autistes en France : détection tardive du trouble, approche psychanalytique et médicale au détriment de l’approche éducative, insuffisance des places d’accueil.
Mais plutôt qu’une « politique de rapatriement » en France, qui implique la création de 25 à 30 Ehpad (maisons de retraite), la députée prône la coopération et l’amélioration de l’accueil en France.

Valérie Létard a retenu ces propositions et annoncé le 13 février 2009 la future conclusion d’un accord-cadre entre la France et la Belgique, des procédures administratives facilitées pour les Français pris en charge en Belgique, et le renforcement de l’offre d’accueil en France, notamment dans le Nord (1.200 places nouvelles en 2009).

Avec l’AFP

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