logo_quotipharmTandis que la polémique enfle autour du vaccin contre la grippe A(H1N1), le Dr Albert Garcia, des laboratoires sanofi-Pasteur qui préparent 28 millions de dose pour la France, nous plonge dans les coulisses de la fabrication des doses.

LE QUOTIDIEN DU PHARMACIEN.- Où en êtes-vous de la fabrication du vaccin contre le nouveau virus A(H1N1) ?

Dr ALBERT GARCIA.– Nous sommes actuellement en pleine campagne de production. Des doses ont déjà été produites pour les besoins des essais cliniques qui sont en cours depuis la fin du mois d’août, en France et en Finlande. Ces essais sont importants pour obtenir des informations sur la formulation du vaccin.

Nous testons trois formulations différentes – le 15 µg sans adjuvant qui est le même dosage que pour la grippe saisonnière, le 7,5 µg et le 3,8 µg avec adjuvant – auprès de quatre groupes d’âges différents : les adultes de 18 à 60 ans, les plus de 60 ans, car l’immunité décroît avec l’âge généralement, les enfants de 3 à 17 ans et les tout-petits, de 6 à 36 mois, qui reçoivent, eux, la moitié de la dose.

Pourquoi ajouter des adjuvants dans les vaccins pandémiques ?

La problématique d’un vaccin pandémique réside dans le fait qu’il faut produire le maximum de doses pour le maximum d’êtres humains. Et un vaccin dosé 15 µg d’antigènes restreint forcément le nombre de doses par rapport à une formule à 3,8 µg contenant un adjuvant pour stimuler l’immunité.

L’adjuvant que nous utilisons a déjà été testé pour le vaccin pandémique contre le virus H5N1 de la grippe aviaire avec d’excellents résultats. J’ajoute qu’entre les essais cliniques menés actuellement aux États-Unis et en Europe par sanofi-Pasteur, il y aura tout de même 6 000 personnes qui auront bénéficié de ces vaccins contre le H1N1.

Quelle est la différence entre le vaccin contre la grippe saisonnière et le vaccin pandémique ?

Les souches utilisées dans le vaccin saisonnier sont « humanisées ». Elles circulent déjà chez l’être humain et sont responsables des grippes chaque hiver. Les vaccins saisonniers contiennent trois souches différentes : A(H3N2), A(H1N1) et une souche de virus B qui, eux, ne donnent jamais de pandémie. Seuls les virus A peuvent donner des pandémies en mutant brutalement et en donnant naissance à de nouveaux virus. C’est ce qui s’est passé avec ce nouveau virus qui, certes, appartient à la même famille que le A(H1N1) saisonnier, mais dont l’ARN est totalement différent. Et, on le sait, ce virus peut encore muter.

Pourquoi faudrait-il se vacciner contre la grippe A(H1N1) si le virus risque encore de muter ?

Il y a deux types de mutation susceptibles de survenir. Il y a d’abord les petites mutations normales auxquelles on s’attend, comme les virus saisonniers en subissent régulièrement. La crainte est que ce virus, par tâtonnement, s’adapte de mieux en mieux à l’être humain et augmente sa virulence. Cela dit, les vaccins qui auront été produits seront très probablement extrêmement efficaces. En effet, nous avons démontré chez sanofi-Pasteur que les premiers vaccins pandémiques contre le H5N1 aviaire réalisés à partir d’une souche protégeaient contre d’autres souches légèrement modifiées et plus virulentes.

En revanche, si le virus mutait à nouveau brutalement, les vaccins actuellement en cours de production n’auraient sans doute aucun effet protecteur. Mais il est assez peu probable qu’une telle mutation se produise, aussi peu de temps après la première.

PROPOS RECUEILLIS PAR C. M.

Le Quotidien du Pharmacien du : 17/09/2009

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