quotimedÀ trois jours de l’ouverture des 1 000 centres de vaccination contre la grippe A(H1N1)v, Roselyne Bachelot a présenté à la presse la campagne et le dispositif de pharmacovigilance activé autour des effets secondaires du vaccin. Pour la ministre de la Santé, qui se fera vacciner dès jeudi, ce dispositif va fonctionner « dans une transparence totalement inédite dans l’histoire sanitaire de notre pays ».

LE PREMIER rapport de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), mis en ligne ce lundi et qui sera actualisé tous les mercredis, concerne les 50 000 premiers professionnels de santé qui se sont fait inoculer le vaccin Pandemrix ; il relève une trentaine d’effets indésirables, d’intensité bénigne à modérée, survenus dans les heures suivant l’injection : des réactions au site d’injection parmi lesquelles prédomine la douleur (24 cas), 1 cas d’urticaire localisé et 25 cas de réactions générales, essentiellement maux de tête, fièvre et fatigue. Trois cas de malaise associés à une poussée hypertensive ont été relevés, avec retour rapide à la normale. Enfin, un cas de conjonctivite bilatérale, un cas d’hématome au niveau de la cheville et un cas de saignement de nez sont rapportés. Tous ont connu des évolutions favorables et rapides. « À ce jour, insiste Mme Bachelot, rien ne distingue ce bilan de celui observé pour d’autres vaccins contre la grippe, des vaccins très largement utilisés. »

« Dans tous les cas, chronologie n’est pas causalité », souligne Jean Marimbert, directeur général de l’AFSSAPS. « Chaque cas, explique-t-il, notifié à l’un des 31 CRPV (centres régionaux de pharmacovigilance) soit par les professionnels de santé ayant constaté un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être dû au vaccin, soit par les patients eux-mêmes, au moyen d’un formulaire téléchargeable, fera l’objet d’une analyse de la causalité avec toutes les informations disponibles, afin de permettre d’évaluer le rôle propre du vaccin lui-même. Ce n’est qu’au terme de cette démarche que l’imputabilité pourra être établie. »

S’agissant du syndrome de Guillain-Barré, régulièrement évoqué par les adversaires de la vaccination, le Pr Didier Houssin a annoncé la création, cette semaine, d’un observatoire qui réunira les plus importants centres neurologiques français, pour assurer un suivi en temps réel. Le directeur général de la Santé a rappelé qu’« on dénombre chaque année en moyenne de 1 700 à 1 800 SGB en France, soit trois à cinq par jour. Il s’agit donc de vérifier si l’incidence des cas dépasse ce bruit de fond. Mais, estime-t-il, la cause principale du SGB étant une infection virale, il y a tout lieu de considérer que la vaccination devrait réduire le nombre des cas. »

Spot télé.

Dès aujourd’hui et jusqu’au 6 décembre, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) lance une nouvelle campagne d’information destinée à convaincre les quelque 6 millions de personnes concernées par la première vague à se rendre à leur centre de vaccination (personnels de santé, femmes enceintes, entourage des nourrissons de moins de six mois, asthmatiques ou personnes atteintes de bronchite chronique obstructive). Un spot va être diffusé sur les chaînes nationales (hertziennes, câbles, TNT) pour mettre en valeur l’importance individuelle et collective que revêt la vaccination, avec une voix off qui précise : « On peut tous faire quelque chose pour limiter la propagation de l’épidémie. Contre la grippe, la meilleure protection, c’est la vaccination. »

Depuis le début de la vaccination réalisée au sein des hôpitaux, plus de 80 000 praticiens hospitaliers, ou médecins et infirmiers de ville se sont fait vacciner, a indiqué la ministre de la Santé, avec une mobilisation variable selon les services : quand il y a des cas graves dans un établissement de santé, c’est une incitation à se faire vacciner plus importante. Et Mme Bachelot d’évoquer « le décès dramatique d’une patiente au centre hospitalier de Nice, la semaine dernière, très vraisemblablement contaminée au sein même de l’hôpital. »

Pour le Pr Houssin, on peut considérer qu’environ 10 % des personnels de santé se sont fait vacciner à ce jour. « C’est un pourcentage faible, mais il est un peu trop tôt pour juger de la couverture vaccinale des personnels de santé. »

À noter enfin que la vaccination des quelque 12 millions de scolaires (de la maternelle au lycée) commencera à partir du 25 novembre, toujours sur la base du volontariat. Les élèves des écoles maternelles et élémentaires pourront se rendre dans les centres ; les collégiens et lycéens seront vaccinés dans leurs établissements, avec l’autorisation explicite de leurs parents.

CHRISTIAN DELAHAYE

Quotimed.com, le 09/11/2009

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Commentaires sur: "Vaccin contre la grippe A : la pharmacovigilance se fera en temps réel" (1)

  1. Un suivi en temps réel ? Alors comment se fait-il que le 3/12/2009 sur 5,7 millions de personnes vaccinées l’agence européenne (EMEA) signale 55 décès (notifiés, mais pas forcément dus de manière certaine au vaccin), et que sur 860 000 personnes vaccinées avec le même vaccin en France, il y n’y ait eu aucun décès à déplorer dans les heures suivant la vaccination ?

    Soit le Pandemrix est miraculeux, mais en France seulement, soit il y a un problème de pharmacovigilance …

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