American Journal of Transplantation.

C’est un appel au Congrès américain de chercheurs de la Johns Hopkins (Baltimore) pour une inversion de l’interdiction de transplantation d’organes donnés par des patients infectés par le VIH pour rendre disponibles ces organes pour d’autres personnes vivant avec le VIH. Une levée de l’interdiction, aux Etats-Unis, pourrait permettre de sauver par greffes, environ 500 patients VIH-positifs atteints d’insuffisance rénale ou hépatique chaque année. Ces patients, rappellent les scientifiques, sont actuellement sur liste d’attente et attendront des mois, voire des années un organe disponible pour la greffe. Un appel relayé par l’American Journal of Transplantation, une étude financée par le US National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases.

«Si cette interdiction légale était levée, nous pourrions proposer des transplantations d’organes à chaque candidat à la greffe infecté par le VIH et sur liste d’attente», explique le Dr. L. Dorry Segev, professeur agrégé de chirurgie à l’Université Johns Hopkins – School of Medicine et auteur principal de l’étude. « Au lieu de jeter les organes en bonne santé des personnes infectées par le VIH à leur décès, ces organes pourraient être disponibles pour les candidats séropositifs. »

Non seulement les candidats VIH-positifs pourrait obtenir leur greffe plus rapidement si ces transplantations étaient légalisées, mais grâce à la greffe de ces patients avec ces organes, le délai d’attente de greffe serait plus court pour les patients non infectés par le VIH.

L’interdiction de dons d’organes par les patients VIH-positifs est, aux Etats-Unis, une “séquelle” des années 1980, la loi sur la transplantation d’organes date aux Etats-Unis de 1984 et n’a jamais été révisée, en dépit des connaissances actuelles de la maladie. Le nombre de patients VIH-positifs recevant des greffes de rein ou du foie – avec les organes non-infectés par le VIH – est à la hausse et les patients ont de bons résultats, dit Segev. En 2009, aux Etats-Unis, plus de 100 patients VIH-positifs ont obtenu de nouveaux reins et 29, une greffe de foie. Ces patients peuvent en effet rencontrer des taux importants de développement de maladies du foie et des reins en raison des effets toxiques possibles de la thérapie antirétrovirale.


500 décès chaque année, évitables aux US : Cette étude estime le nombre de personnes qui meurent chaque année aux États-Unis qui sont des donneurs potentiels d’organes, sauf, en raison de la législation actuelle- que ces patients sont VIH-positifs. A partir des données de la Nationwide Inpatient Study basées sur les dossiers d’hospitalisation des personnes avec le VIH, et celles du HIV Research Network, l’équipe a déterminé que le nombre de décès qui pourraient êtré évités serait en moyenne de 534 chaque année entre 2005 et 2008 selon l’étude Nationwide et en moyenne de 494 entre 2000 et 2008 selon les données du HIV Research Network.

Bien qu’aucune greffe d’organe infecté par le VIH chez des patients infectés par le VIH n’ait pu être réalisée aux États-Unis en raison de l’interdiction, le Pr. Segev explique que des médecins en Afrique du Sud ont commencé à faire ce type de transplantation avec d’excellents résultats.

S’inspirer de l’expérience “VHC” : Dans cette période de transition vers un système où les organes de donneurs infectés par le VIH pourraient être transplantés sur des patients infectés par le VIH, les médecins pourraient s’inspirer de l’expérience de la transplantation de patients atteints d’hépatite C avec les organes de personnes atteints par la même maladie. Cette pratique, qui n’a pas toujours été la norme, a sensiblement réduit la liste d’attente pour les bénéficiaires, sans compromettre de façon significative la survie des patients.

L’utilisation d’organes infectés par le VIH n’est pas sans risques. Des questions éthiques, médicales et de sécurité doivent être abordées. Les médecins doivent s’assurer que les organes prélevés sont en assez bonne santé pour la transplantation et que le risque est minime d’infecter le destinataire avec une souche plus agressive du virus. Il y a aussi la crainte qu’un organe infecté par le VIH pourrait accidentellement être transplanté à un receveur séronégatif.

Le Dr. Segev explique que dans le cas de l’hépatite C, les organes sont clairement identifiés par des protocoles rigoureux, dont la médecine pourrait s’inspirer dans le cas du VIH.

Source: John Hopkins “Could HIV-Infected Organs Save Lives?”

Autres actualités sur le don d’organes, accéder à l’Espace sida-VHC


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